Fannoche qui?

Pendant longtemps j'ai cru (comme beaucoup) qu'un ou une artiste était quelqu'un né hors du commun, possédant du talent inné, une surdouance de l'art, de la couleur.

Ma p'tite bio
Il m'aura fallut longtemps pour comprendre que ce n'était qu'une légende. Une légende que notre conscience se crée pour accepter l'idée de ne pas créer. Hors, ne pas créer est tout simplement contraire à notre raison de vivre! Cette leçon peut arriver comme un fracas dans une vie, remuant tout sur son passage. C'est en vivant dans un état proche du burn-out (1er signal), puis en perdant mon emploi (2e signal devant lequel je ne pouvais plus reculer) que j'ai finalement compris.

C'est alors que tout se met en place, que notre parcours de vie devient clair : d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dessiné, comme nombre d'enfant. Je cousais, je tricotais. Je ne me souviens pas des résultats, je n'en ai gardé que peu de traces. C'est l'acte qui était important, comme on peut le comprendre lorsque nous vivons avec des enfants. Mon plus vieux souvenir d'échec a été ma première exposition, en école maternelle, d'un travail qui m'avait tellement réjoui : des dessins abstraits, sorte de tourbillons colorés représentant Dieu, le cosmos... (je me sentais en totale connexion spirituelle, certaine de ce que j'avais sous les yeux : l'univers.) J'avais mis tellement de coeur et de temps à créer puis à encadrer mes petites oeuvres que ma déception fut immense quand personne ne compris. Ni camarades, ni professeur. Je crois bien avoir jeté le tout...

Bien entendu, je continuais à dessiner, de ci de là, à peindre un tout petit peu, comme hobby. Et puis, la vie a fait qu'à 28 ans, j'ai subi un autre échec : l'arrêt brutal de ma thèse à cause de la naissance de mon fils (naissance non acceptée par mes directeurs.) Du jour au lendemain, je me retrouvais à la maison, lessivée, dans l'incompréhension de ce qui venait d'arriver, avec du temps à tuer. Je me lançais dans des recherches sur l'éducation et je comprenais, d'un coup, la responsabilité que j'avais auprès de mes enfants. Une responsabilité qui m'a fait réfléchir. Beaucoup réfléchir. Malgré la lourdeur de la tâche, je décidais de prendre en charge leur instruction, puisque j'étais à la maison, libre, ils n'auraient pas besoin d'aller à l'école.

L'explosion créative
Le quotidien se mit à devenir de plus en plus créatif. Je créais du matériel d'apprentissage moi-même (Montessori), et surtout, SURTOUT, j'offrais la peinture à mes enfants dès 4 mois. Leurs gestes, leur satisfaction ne tarda pas à me replonger dans ma propre créativité.

Les cours de peinture que j'ai pu prendre ne me permettais pas de révéler la richesse picturale que j'avais en moi (il fallait venir avec une image à reproduire mais les enfants ne reproduisent rien, tout vient de l'intérieur.) Outre-Atlantique, je tombais sur des vidéos de peinture brute, faites à la va-vite, souvent abstraites et pourtant tellement fortes, riches de texture et de couleur... je décidais de tenter l'expérience du lâcher prise, du jeu, des envies. Je testais des idées, des techniques, des mélanges. J'échouais, apprenais. J'expérimentais sur différents formats, toiles ou carton sauvé de la poubelle, sur un journal. Les thèmes devinrent vite récurrents. Peu à peu, je me passionnais pour les totems, les archétypes. Les images qui ressortaient m'aidait à me connaître, par la voie de mon inconscient, et je commençais parallèlement, un travail de guérison.

Histoire de noms, histoire de coeur
Comme les choses peuvent être drôles parfois... en échangeant de plus en plus fréquemment avec une communauté mondiale d'artistes, il me fallut me résoudre peu à peu, à changer de nom (Fanny, ce prénom que je chéris, étant une insulte dans la langue de Shakespeare!) J'établissais un premier équilibre en faisant évoluer ma signature pour Fanny Fannoche, ce qui me permettait de me sentir plus vraie, en accord avec mes parts d'ombre et de lumière. En 2015, je créais SheArtWild (qui peut se traduire par : elle fait de l'art sauvage) comme un élan pour l'avenir et pour me reconnaître enfin, comme artiste professionnelle sauvage : Fannoche sHEARTwild (heart = coeur). Je me redécouvre encore!


J'y crois
Ce que je retiendrais de mes débuts, c'est que nous sommes véritablement, tous, des artistes. J'en suis réellement convaincue! Je n'ai pas fait d'école d'art, je n'ai fait que regarder quelques vidéos, tout au plus. Mon chemin s'est déployé grâce à la pédagogie de l'erreur. M'autoriser à me tromper, à gâcher de la peinture, des toiles, a été le plus beau cadeau que je me suis fait.
Je souhaite partager cette belle leçon avec ce blog. Partager mes réflexions, mes inspirations, des techniques, mais surtout, l'apprentissage de la confiance en soi. Je crois que nos capacité sont peut être en veille, mais qu'elles sont bien présentes.

Et si nous les découvrions?


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