mardi 2 février 2016

Avoir le courage de peindre

J'avais très envie d'écrire un post, parce que j'ai eu à nouveau envie (et surtout le courage) de m'attaquer à de grandes toiles.

Et j'ai besoin de parler de ça : le courage.


Parce que peindre peut paraître tellement facile quand on regarde les maîtres faire.

Ca peut paraître tellement facile quand on voit le nombre de toiles que peuvent réaliser les artistes les plus prolifiques.

Alors je voudrai rétablie une vérité : peindre est difficile.

Même avec 20 ans de carrière derrière toi, peindre sera toujours difficile.

Pourquoi est-ce si dur? Parce que peindre te pose avec toi même et toutes les émotions, les sentiments que tu as envers toi. Et ils ne sont pas toujours joli-jolis. Si tu es un brin comme moi, c'est même plutôt l'inverse!

Cela demande du cran, de se mettre ainsi à nu (plus que de mettre son propre corps à nu parce que là, c'est ton intérieur qui vole en éclat).

Alors, voilà. Si on ne te l'avais jamais dit, je le fais ici : peindre est difficile. Peindre le sera toujours.
De ta première toile à la dernière.

Tu passera devant des instants de liesse, des instants où tu te sentira une moins que rien, des instants où tu embrassera ton processus, où tu sourira devant une nouvelle couleur, où tu pleurera d'avoir recouvert une zone que tu adorais, où tu te haïra de ne pas réussir à faire aussi bien que ta dernière toile.

Tu aura aussi des instants d'intense clarté. Et puis, d'un coup d'un seul, tu finira par être fière de toi.

Ce ne sera qu'un instant aussi. Parce que tu pensera déjà à la toile suivante. Celle qui te fais tellement suée. Celle dont tu rêve la nuit. Celle qui t'obsède et qui te fais peur.

En peignant, tu te sentira en détresse comme jamais auparavant. Fragile, vulnérable à un point que tu n'aura jamais expérimenté.

Et ça te fera peur. Oh oui, ça te fera peur de te retrouver ainsi envers toi même. Face à tes zones d'ombres. Face à tes blessures les plus intimes.

C'EST LA QUE TOUT VA SE JOUER (et t'as vu, je le mets en majuscule pour que tu sentes bien le côté dramatique de la chose!)

Oui, c'est là que tout se joue. Parce que peindre est tellement difficile, que tu aura envie d'arrêter. 

Tu aura envie d'arrêter à chaque toile.

Tu aura envie d'arrêter 10 000 fois.

Mais si tu sais que peindre est difficile, que vouloir tout arrêter est normal, alors peut-être que tu continuera. 

Tu saura reconnaître ces moments durs où tu aura envie de tourner le dos à tes toiles. Peut-être que tu te dira que ce n'est pas grave, que ce n'est qu'un passage, et que tu embrassera cet instant, comme les autres. Alors tu te mettra en pause (non, tu ne t'arrêtera pas, car le sens du verbe s'arrêter comprend un côté définitif). Tu te mettra en pause, 1h, 1 journée ou 1 an. Mais tu reprendra.


Cela te demandera du courage.

Parce que tu sais maintenant que peindre est difficile.



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